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Info Corse

Un projet de bateau incinérateur pour traiter les déchets de la Corse

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Sapeur-pompier professionnel à Bastia, Anthony Bizzari se décrit sobrement comme un citoyen “sensible à la problématique des déchets en Corse et à la crise de l’enfouissement”. C’est ce qui l’a poussé à passer à l’action. “Je suis originaire de l’Alta Rocca et dans cette microrégion, j’ai vu arriver des projets qui ont défiguré l’environnement. Pas très loin, il y a le centre d’enfouissement de Viggianellu qui est une véritable verrue écologique. Personne ne veut accueillir des poubelles à côté de chez soi et cela se comprend. J’ai simplement eu envie de chercher des solutions nouvelles et d’apporter ma pierre à l’édifice.”

Le « Navinci »

L’édifice flottant imaginé par Anthony Bizzari s’appellerait « Navinci ». Un bateau à voiles, conceptualisé par la société Zéphyr & Borée, qui a notamment créé le « Canopée » (avec la société Jifmar Offshore), un voilier géant qui transportera les fusées Ariane vers leur base de lancement. “Ce bateau pourrait donc supporter un incinérateur de dernière génération, fabriqué par la société Infigroup qui a déjà conçu des incinérateurs dans le monde entier dont celui de Mexico, explique le porteur de projet. Evidemment, nous ne serons pas à zéro émission. Cela rejettera de la vapeur, de la vapeur refroidie puisque nous serons en mer. En tout cas, ce procédé devrait permettre de respecter largement les normes européennes. Selon l’orientation des vents, nous pourrions bien sûr modifier l’emplacement du navire, de façon à ne rejeter aucune fumée vers les côtes corses.” 

Objectif : réduire l’empreinte carbone

Moins polluant que le système actuel. C’est ce que défend Anthony Bizzari. “Aujourd’hui, en calculant les émissions carbone induites par le transport des déchets jusqu’aux centres d’enfouissement, nous arrivons à peu près à 3.000 tonnes de CO2, soit 2,8 millions de kilomètres par an. Avec le Navinci, nous tomberions à 450 tonnes de CO2 rejetés dans l’atmosphère, soit 30.000 kilomètres par an.” Ainsi, le transport routier serait considérablement réduit. Et les ports secondaires de l’île pourraient être exploités. “Nous aurions de plus petits bateaux, des sortes de navettes, qui achemineraient les déchets jusqu’au Navinci, poursuit l’entrepreneur. Cela limiterait les allers-retours sur les routes et créerait de l’activité tout au long de l’année dans tous les ports de Corse. On limiterait énormément les nuisances sonores et olfactives.”

De 50 à 200 millions d’euros d’investissement

Sans surprise, l’investissement à prévoir est lourd, très lourd. Entre 50 et 200 millions d’euros. “Tout dépend de la capacité de traitement que nous voulons et de la dimension que nous souhaitons donner au projet, mais c’est un investissement que ma société sera en mesure d’assumer”, précise Anthony Bizzari. Reste à voir si la Collectivité de Corse sera encline à souscrire à la proposition. D’après les calculs du projet, la note annuelle pour le contribuable corse ne dépasserait pas les 250 euros. “J’ai déjà eu un premier contact, avec le président de l’Adec, mais aussi avec le président du Syvadec. Pas d’emballement, pas de refus catégorique non plus. Je vais simplement continuer à travailler pour prouver que ce projet est solide.” 

Et si la Corse n’en veut pas ?

Parmi les promesses de Navinci, la création de 120 emplois directs, en mer et sur terre. Si toutefois la Corse n’est pas preneuse, le voilier pourrait bien conquérir d’autres territoires insulaires. “Nul n’est prophète en son pays, conclut l’entrepreneur bastiais. Ailleurs en Europe et dans le monde, des territoires insulaires, comme Hawaï par exemple, cherchent en ce moment des solutions autres que l’enfouissement et n’ont clairement plus de place pour mettre un incinérateur chez eux. Mes partenaires et moi, nous avons donc encore bien d’autres pistes à explorer.” 





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