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Le liège corse en quête de relance



60.000 hectares de subéraie

On recense actuellement environ 60 000 ha de chêne liège soit environ 10 % de la forêt Corse. Il s’agit donc d’une part non négligeable mais dont la récolte de liège ne représente qu’entre 6000 à 9000 quintaux alors qu’elle pourrait avoisiner 50 000 quintaux. Selon les professionnels on ne prélève donc que environ 10 % du potentiel de la ressource

Un peu d’histoire

La période faste pour le liège Corse s’est étalée du début du XXe siècle jusqu’en 1960 avec la disparition progressive des usines de transformation du liège (usine de bouchons, parpaings…) À cette époque des équipes de manœuvres réalisaient eux-mêmes la récolte, appelée le levage du liège. Il reste aujourd’hui quatre équipes de levage. Le liège Corse est ensuite entièrement exporté au Portugal et en Espagne, destinations qui ont remplacé la Sardaigne depuis environ une dizaine d’années. C’est effectivement au Portugal que l’on trouve le plus gros industriel au monde pour la transformation du liège.

On ne transforme plus le liège en Corse

Il y a donc un gros potentiel qui n’est pas bien exploité, à l’instar de la filière bois en Corse. Depuis quelques années, les professionnels essayent de mettre en place des actions visant à redresser cette filière. Il s’agit d’intervenir à plusieurs niveaux.

Premièrement, agir avec les propriétaires forestiers. La subéraie en Corse appartient à 98 % à des propriétés privés. Depuis trois ans, avec l’aide de l’ODARC et de l’État, des actions sont menées à Figari, sur le secteur de l’Oriente, à Carbuccia, dans la plaine de Péri, et à Valle di Rustinu. L’année prochaine des actions seront aussi menées à Sotta. Il s’agira alors d’identifier les propriétaires pour leur expliquer les intérêts de la mise en valeur des subéraies, puis les inciter à pratiquer la gestion forestière.

Deuxièmement, la récolte du liège : il n’y a plus de levées de liège en Corse. Actuellement la main-d’œuvre provient essentiellement d’Espagne, de Sardaigne, voire du Maroc. La méthode traditionnelle est très physique et très technique, on ne devient pas leveur de liège du jour au lendemain. Plus récemment, une entreprise d’Espagne a inventé une machine à mécaniser la levée du liège et la rendre accessible aux ouvriers.

Les professionnels ont donc mis en place une formation à destination des entrepreneurs de travaux forestiers avec le CFPA de Sartène, pour les former à la levée du liège avec cette nouvelle machine. Il faudra ensuite créer en Corse différentes équipes capable de travailler avec cette nouvelle technique.

Troisièmement, la transformation du liège : actuellement on ne transforme plus le liège en Corse. Selon les professionnels, grâce à l’évolutions des technologies dans le bâtiment, avec les constructions en bois et les matériaux bio sourcés, le liège a dans les années à venir un rôle important à jouer en terme d’isolation. Il s’agira d’utiliser du liège qui n’est pas forcément de bonne qualité, à l’inverse du liège plus noble dit « bouchonable ». Il faudra alors monter des unités de transformation, de broyage du liège réservé à l’isolation, en lien avec les autres acteurs de la construction en bois.

Ce vaste programme de relance du liège Corse soutenu notamment par la coopérative SILVACOOP, sera évoqué lors des Assises de la forêt qui devraient avoir lieu en avril ou mai 2022 en Corse.  





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