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La récolte d’olives s’annonce bonne cette année en Corse après un été sec et chaud

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Fabienne Maestracci grimpe, le pas pressé, sur une des collines qui domine Bonifacio. Devant elle, huit hectares d’oliviers, certains impressionnants d’envergure : “Regardez la taille du tronc de celui-ci, quoi, un mètre cinquante de diamètre ? C’est que les arbres sont multicentenaires”, dit-elle. 

Des oliviers sont très anciens, exploités depuis des générations. Et chez l’oléicultrice, on récolte – en partie – à l’ancienne : “Sur le continent, ou en Italie, les gens cueillaient les olives, parce que c’est un fruit d’hiver. Ils craignaient le gel qui tue le fruit, donc ils récoltaient en avance. En Corse, il ne gèle pas. Donc les anciens attendaient que les olives tombent”.

Les oliviers centenaires de Fabienne Maestracci, près de Bonifacio.
Les oliviers centenaires de Fabienne Maestracci, près de Bonifacio. © Radio France
Marc Bertrand

300 tonnes d’huile espérés

Des filets étendus sous les arbres attendent patiemment les olives, qui tombent une par une. Ce n’est pas reposant : chaque jour, il faut relever les filets, pour éviter que le fruit ne s’abime à terre avec la rosée et le soleil. “L’olive tombe quand elle est mure. C’est-à-dire, quand elle est rouge à l’intérieur. Et cette méthode de récolte donne un goût différent, plus doux à l’huile d’olive”. 

On a un premier prévisionnel à 300 tonnes, quasiment le double de l’an dernier 

2020 sera une année à olives en Corse. Le syndicat de l’AOP Oliu di Corsica, qui regroupe plus de 180 producteurs, prévoit une production de 300 tonnes d’huile, selon un premier prévisionnel. Quasiment le double d’il y a deux ans, année de mauvaise récolte. “C’est plutôt une bonne nouvelle dans ce contexte anxiogène”, se réjouit Sandrine Marfisi, la présidente du syndicat et oléicultrice à Saint-Florent. 

Une olive à maturité, c'est rouge et très rouge.
Une olive à maturité, c’est rouge et très rouge. © Radio France
Marc Bertrand

Y aura-t-il des débouchés ?

“On va avoir une bonne récolte parce que les vieux oliviers sont en production en même temps que les vergers plus modernes, qui sont plus réguliers”, explique-t-elle : “Un facteur positif cette année est que l’été chaud et sec pendant relativement longtemps a permis de diminuer la pression de la mouche de l’olive qui fait énormément de dégâts habituellement”. 

Je me demande si les gens auront encore de quoi se l’offrir

A Bonifacio, Fabienne Maestracci a aussi constaté une “floraison exceptionnelle” cette année grâce à la météo. Mais face à la crise économique qui frappe l’île à cause du coronavirus et du confinement, elle se demande “si ça ne va pas être un peu compliqué de vendre notre huile comme tout le monde en a beaucoup. On vend un produit qui n’est quand même pas donné, c’est un produit de qualité. Je me demande si les gens auront encore de quoi se l’offrir”.





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