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Fatima et Hicham, un couple au cœur du Covid

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Il y a un an, Mulhouse était l’un des principaux foyers de l’épidémie de coronavirus. En dix jours, à partir de fin février 2020, l’hôpital est saturé. Parmi eux les patients, Hicham dans un coma de 18 jours. A ses côtés, sa femme, Fatima, aide-soignante doit faire face à un tsunami de cas.

C’est l’histoire d’un couple pris dans la spirale de l’épidémie de coronavirus à Mulhouse. Lui, a été en réanimation puis est tombé dans le coma pendant 18 jours en mars 2020. Elle, est aide-soignante et n’aura qu’un seul appel par jour pour suivre l’état de santé de son époux. Un an après la première vague de l’épidémie en mars 2020, France Bleu Alsace a rencontré Hicham et Fatima, à Kingersheim (Haut-Rhin). 

“Ma mission : sauver mon mari”

Les premiers symptômes arrivent lorsqu’il rentre du travail. Hicham, 44 ans, ne “sent pas bien“. Le 16 mars il est reçu par son médecin et est diagnostiqué positif au Covid-19. Une ambulance est appelée et le transporte à l’hôpital de Mulhouse : “Je n’arrivais pas à respirer, mes poumons étaient touchés à 95%. Ils m’ont mis en réanimation.” Placé sous assistance respiratoire, il est intubé le 22 mars puis tombe dans un profond coma. 

Hicham, 44 ans, est resté dans le coma pendant 18 jours.
Hicham, 44 ans, est resté dans le coma pendant 18 jours.
Fatima Zahra

Pendant trois semaines, il reste inconscient. Sa femme, aide-soignante dans le même hôpital de Mulhouse, doit faire face. “Je suis devenue une lionne. Ma mission était de sauver mon mari“, déclare Fatima, “en tant que femme, en tant qu’aide-soignante, il y a toutes les casquettes qui se mélangent.”

Tous les jours, il fallait que j’explique à nos enfants que papa pouvait partir à tout moment” – Fatima, aide-soignante. 

Fatima est tous les jours au chevet de son mari. Elle va jusqu’à enregistrer des prières et des messages audio de la famille sur un magnétophone pour lui. Le 25 mars, Hicham est admis à l’hôpital militaire. Elle ne peut donc plus lui rendre visite de manière libre. Tous les jours, à 13h15, un médecin militaire la contacte pour la tenir au courant. “L’insoutenable appel qui allait nous dire au mieux : on continue le combat ou au pire : ça ne se passe pas bien.” 

Et les nouvelles ne sont pas toujours bonnes. La situation se complique pour Hicham lorsque les médecins découvrent qu’il est atteint d’embolies pulmonaires, c’est-à-dire d’obstructions de plusieurs artères irriguant les poumons. 

Rester au front

En parallèle, Fatima continue de prendre soin des patients Covid. “On se sent investi d’une mission, je me demandais comment les militaires vont au front. Moi je l’ai découvert depuis qu’il y a le Covid“, sourit l’aide-soignante. Face à son mari, elle a du mal à garder son professionnalisme : “Avec les autres, on sait quoi faire. Mais quand c’est les nôtres, on perd nos moyens.

Hicham sort de l'hôpital le 8 avril, la récupération sera longue et difficile.
Hicham sort de l’hôpital le 8 avril, la récupération sera longue et difficile.
Fatima Zahra

Sa détermination reste intact mais l’hôpital préfère la mettre en arrêt maladie pendant plusieurs mois. Avec le recul, elle remercie surtout ses proches. “J’ai reçu une énergie incroyable de la part de ma famille.”  

De son côté, Hicham sort de son coma le 8 avril. Il retrouve progressivement des forces en service post-réanimation. Le 25 avril il quitte l’hôpital. Aujourd’hui le quarantenaire ne peut toujours pas travailler. “J’ai des problèmes de genoux, je n’arrive pas à courir, ni à monter un escalier, tous les médecins me disent que ça va aller mieux… Mais mes jambes ne suivent pas.” Hicham espère retrouver un jour l’ensemble de ses capacités physiques. 





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