corse24.com
Image default
Info Corse

des recommandations pour lutter contre la vie chère en Corse.

Notez cet article


18 mois de consultations de notes et de documents, des dizaines de rencontres et d’auditions auxquels s’ajoutent deux voyages dans l’île : c’est ce qu’il aura fallu à l’Autorité de la Concurrence pour finaliser et rendre public son avis sur la situation concurrentielle en Corse dans des domaines prédéfinis par le Ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. Quatre grands secteurs qui concernent au plus près le portefeuille des insulaires. A commencer par les produits alimentaires. Cet organisme indépendant pointe un blocage : le dispositif d’interdiction de revente à perte pour les commerçants et l’encadrement des promotions. « Une règlementation nationale qui ne correspond pas à la Corse où toutes les denrées sont acheminées par la mer et qui pénalise le consommateur corse ». L’Autorité demande en conséquence « une exception législative » pour la Corse, comme cela a été fait en Outre-Mer en 2018. 

Pour les carburants, l’affaire est plus complexe : ” le cadre juridique actuel ne permet pas aux pouvoirs publics d’intervenir efficacement” souligne le rapport. Reste la solution d’imposer “une règlementation des prix”. Dans le domaine des déchets, l’Autorité de la Concurrence dénonce un manque d’études sur la formation des prix tout au long de la chaine de gestion. Ce qui est connu en revanche c’est le prix du surcoût, pour les collectivités et surtout pour les contribuables insulaires : l’Autorité de la Concurrence relève un surcoût de service de 161% par rapport au continent et une taxe d’enlèvement des ordures ménagères payée par le contribuable corse 5 points plus élevés qu’ailleurs en France continentale. Enfin, dans le maritime, c’est la faiblesse méthodologique de la part de l’Office des Transports de la Corse (OTC) qui est pointée du doigt concernant la desserte entre l’île et le continent. L’Autorité préconise dans ses conclusions l’intervention de l’Autorité de régulation des Transports.

"L'Etat peut réguler les prix" : c'est une solution pour le collectif contre la cherté des carburants.
“L’Etat peut réguler les prix” : c’est une solution pour le collectif contre la cherté des carburants. © Maxppp
gérard Baldocchi

« Si certains de ces constats ont déjà été faits, nous proposons des solutions innovantes, des outils de concurrence d’un genre nouveau qui reposeraient sur des injonctions structurelles qui pourraient permettre de défaire des monopoles qui se sont constitués par le passé et de contrôler à l’avenir des acquisitions qui peuvent conduire à des monopoles ou à des positions dominantes » soutient notamment Isabelle De Silva, la Présidente de cet organisme de concurrence. Au-delà du constat, qui une nouvelle fois confirme donc que dans tous ces domaines les prix sont plus élevés en corse que sur le continent, ce sont les préconisations, voire les solutions, qui étaient attendues. Si du côté des élus et des professionnels des secteurs concernés par ce rapport, on préfère évidemment prendre le temps d’en connaitre tous les détails (beaucoup ne l’avaient d’ailleurs pas reçu), le Collectif  “Agissons contre la cherté des carburants” a immédiatement réagi, en se réjouissant qu’un tel organisme vienne confirmer une situation qu’il dénonce depuis plusieurs mois maintenant.

"Nous proposons des solutions innovantes" dixit Isabelle De Silva, Présidente de l'Autorité de la Concurrence
“Nous proposons des solutions innovantes” dixit Isabelle De Silva, Présidente de l’Autorité de la Concurrence © Maxppp
Christophe Morin

Son président Frédéric Poletti aurait aimé « apprendre plus de choses » mais se satisfait surtout « d’avoir enfin la certitude que le groupe Rubis est le propriétaire de l’intégralité des carburants qui sont commercialisés en Corse (…) Cela démontre, comme le dit cet organisme, qu’il y a bien un monopole en amont de la distribution, à savoir sur l’approvisionnement et le stockage des carburants en Corse ».  Le Collectif adhère également aux propositions faites par l’Autorité de la Concurrence dans ce domaine : « lorsqu’il y a une situation de monopole au niveau de l’approvisionnement, l’Etat peut décider de réglementer les prix, comme il l’avait fait dans les DOM en 2009 lors de mouvements sociaux très durs contre la cherté de la vie ». 

Le rapport est désormais entre les mains du ministre de l’économie, Bruno Le Maire.





Source

Related posts

Bastia: Obtention De La Certification Professionnelle ADVF Pour Dix Salariées De Chez Amapa

adrien

Après la Covid-19, les parcs de loisirs ne sont pas à la fête

adrien

Qui est vraiment Tommy Recco, le doyen des détenus français ?

adrien