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Des chiens pour détecter le Covid-19 (Vidéo)

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Et si nos amis à quatre pattes pouvaient jouer un rôle clé dans le dépistage du Covid-19 ?

En Corse, le projet a été présenté et soumis à validation aux autorités il y a 15 jours. Il s’inscrit dans le cadre d’une démarche internationale, menée par le professeur Dominique Grandjean de l’école nationale vétérinaire d’Alfort. « _Le chien est déjà mis à profit pour détecter et repérer certaines maladies sur l’homme, cancer du côlon, du sein, du poumon, maladie de Parkinson ou paludisme_, explique Aymeric Benard, vétérinaire et commandant chez les pompiers de Corse-du-Sud. Ces maladies ont un point commun, elles ne sont pas virales contrairement au Covid-19. Mais depuis quelques années, notamment en Alabama, des chiens sont utilisés pour repérer une maladie virale dans les troupeaux de bovins. Des COV, des composés organiques volatiles, sont produits dans le cadre de ces maladies qu’elles soient virales ou non et on mise sur le fait que ce soit également le cas pour le Covid ».

Premiers test ce jeudi

Il n’y a bien sûr aucune certitude pour le moment mais les scientifiques estiment que les probabilités sont bonnes. Si les tests étaient concluants avec les chiens, il faudrait ensuite les valider avec des analyses de laboratoire. Ces analyses seront réalisées en Corse, par la faculté de Corte qui est associée au projet.

Le SIS 2A est le premier à entamer la phase de tests. A ce jour un seul autre SIS a validé sa participation au projet en France, il s’agit du SIS 77, qui devrait commencer prochainement. Au niveau international, le Liban et la faculté de Beyrouth participent également à l’étude internationale et d’autres pays se sont déjà dit intéressés et pourraient rejoindre le projet.

A Ajaccio, l’essai pourrait commencer ce jeudi, dès que des prélèvements seront effectués sur des patients positifs au Covid-19 à l’hôpital de la Miséricorde. 

« Le but est d’apprendre aux chiens l’odeur des positifs, en parallèle il y aura des prélèvements sur des cas négatifs afin d’apprendre aux chiens à les différencier », précise Aymeric Benard.

L’apprentissage par le jeu

« Le principe de l’apprentissage est toujours basé sur le jeu, quand le chien va « marquer » les compresses positives, il sera récompensé par le jeu, avec son jouet préféré, ce qui permet d’avoir une attitude positive par rapport au comportement du chien et ce qui nous permet d’avancer avec lui, raconte Brice Leva, chef d’unité au SIS 2A. »

Le groupe cynotechnique des pompiers de Corse-du-Sud est déjà constitué avec des chiens qui sont habituellement utilisés pour la recherche de personnes égarées notamment.

« Là on va demander au chien de cibler sa recherche, non pas sur un espace géographique mais sur un pot de présentation à l’intérieur duquel se trouvera le prélèvement, donc _il faut qu’on apprenne à nos chiens à renifler dans ces pots et ensuite arriver à faire que le chien « marque » les compresses qui sont positives_. »

Un odorat mille fois plus puissant que celui de l’homme

La troisième phase du projet sera la validation statistique des résultats. Est-ce que les chiens sont capables de marquer les compresses de façon systématique ? Au cours de cette phase, le conducteur, c’est-à-dire le maître-chien, ne connaîtra pas l’emplacement des compresses positives, afin de laisser la totale initiative à l’animal. 

Des prélèvements supplémentaires seront également effectués et envoyés à l’université de Corte pour réaliser des analyses de laboratoire, notamment de la chromatographie gazeuse et de la spectrométrie de masse, afin d’essayer de caractériser des composés qui seraient spécifiques aux personnes déclarées positives au Covid-19.

« Le problème est que l’odorat du chien est tellement puissant, mille fois celui de l’ homme, qu’il est possible qu’il marque sur des composés qui ne seront pas détectable en laboratoire, ajoute Aymeric Benard ».

S’il y a un marquage possible de la maladie, j’ai bon espoir

Pour les pompiers l’enjeu est de taille même s’ils savent que tout reste à faire. 

C'est dans cette salle, et dans ces sortes d'entonnoirs, que seront déposées les compresses imprégnées de la sueur des malades. Les chiens viendront y glisser leur truffe afin d'identifier le virus.
C’est dans cette salle, et dans ces sortes d’entonnoirs, que seront déposées les compresses imprégnées de la sueur des malades. Les chiens viendront y glisser leur truffe afin d’identifier le virus. © Radio France
Marion Galland

« Si on y arrive l’idée est de proposer une solution complémentaire pas une solution de remplacement, note le colonel Bruno Maestracci, commandant des pompiers de Corse-du-Sud. _Le temps de formation et de mise à l’épreuve devrait durer de quinze jours à trois semaines_. Aujourd’hui on va engager 7 chiens en formation, sachant que comme lors de toute formation il y aura peut-être des échecs, ça dépendra d’un chien à l’autre et de sa capacité à apprendre les choses. Mais s’il y a un marquage possible de la maladie, j’ai bon espoir »

Canaliser les chiens

Les prélèvements seront effectués par l’hôpital d’Ajaccio ainsi que dans son annexe Eugénie, avec le consentement des patients. Ils consisteront à imprégner un peu de sueur sur une compresse placée sous les aisselles des malades. Les compresses seront ensuite glissées dans un pot en verre surmonté d’une sorte de petit entonnoir dans lequel le chien vient glisser sa truffe.

Nash, 3 ans, le chien de Brice Leva, fait partie de l’expérience, il l’entraine depuis plusieurs jours déjà. « Ce sont des chiens qui ont été récupérés à l’âge de six mois et ensuite il y a deux ans de formation. Il faut vraiment qu’on canalise les chiens, vous voyez que quand il marque, pour l’instant il y a son jouet et il essaie de mettre la patte pour le récupérer. On doit lui apprendre à marquer sans essayer d’attraper ce qu’il y a l’intérieur. »

Brice Leva, chef d'unité au SIS 2A, félicite Ombra, sa chienne cursinu, qui vient de "marquer" au bon endroit
Brice Leva, chef d’unité au SIS 2A, félicite Ombra, sa chienne cursinu, qui vient de “marquer” au bon endroit © Radio France
Marion Galland

D’un point de vue technique le chien est capable d’analyser en une heure 250 prélèvements, et il y aura toujours une double lecture, c’est-à-dire qu’un deuxième chien passera systématiquement sur chaque prélèvement.

Il n’y a pas de risque pour les chiens. Les prélèvements seront conservés 24 heures avant d’être présentés aux chiens afin de diminuer la charge virale. Ainsi le risque de contamination sera minime, d’autant que l’on sait que le chien ne développe pas la maladie. Même s’il peut la contracter, il n’a pas de symptôme et l’élimine très vite.

Le SIS 2B et la gendarmerie de Corse pourraient également rejoindre ce projet qui a également été rendu possible grâce à l’appui de l’ARS et de la préfecture de Corse. 



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