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Denis Peyrony et la préhistoire académique

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       “On ne soulignera jamais assez le rôle que jouèrent pour l’archéologie et la préhistoire les hussards noirs de la République : entendez par là les instituteurs de la IIIe République.” insiste Alain Beyneix. “Denis Peyrony était un de ceux-ci. En poste aux Eyzies à partir de 1891, il va connaître une belle trajectoire puisqu’il deviendra le premier conservateur du musée national de préhistoire et de surcroît inspecteur des monuments préhistoriques. 

       Elève d’Emile Cartailhac, il participe dès 1901 avec L. Capitan (1854-1929) et Henri Breuil (1877-1965) à la découverte des grottes ornées des Combarelles et de Font-de-Gaume. Sa grande fouille reste celle du site de la Ferrassie à Savignac-de-Miremont avec Louis Capitan. Le grand abri était encore obturé et enserré dans une butte recouverte par la végétation. Louis Capitan et Denis Peyrony exécutèrent des campagnes de fouilles entre 1902 et 1922. 

       En septembre 1909 une première sépulture d’un homme de Neandertal fut mise au jour. C’était alors le deuxième squelette d’un néandertalien que l’on découvrait en France après l’homme de la Chapelle-aux-Saints en Corrèze mis au jour l’année précédente par les frères Bouyssonnie. 

       Pour la Ferrassie, l’édition d’une carte postale immortalisa l’événement. Le sujet, un individu adulte d’une quarantaine d’années, avait été déposé sur le dos, en posture semi-fléchie, les jambes repliées, la tête tournée vers la gauche. Par la suite, plusieurs nouvelles sépultures furent découvertes dans les couches moustériennes jusqu’en juin 1921. Elles appartiennent de toute évidence à un ensemble sépulcral familial assez exceptionnel de la fin du Paléolithique moyen.

       Peyrony explora une foule d’autres gisements, au Fourneau du Diable à Bourdeilles il exhuma par exemple en 1924 un superbe bloc portant dix sculptures en bas-relief et deux gravures représentant des aurochs, un cheval et deux bouquetins ou cervidés. Ces décors étaient à l’origine rehaussés d’ocre rouge. 

       Peu avant la Grande Guerre, dans le bourg des Eyzies, sous les grandes falaises, Denis Peyrony fit l’acquisition des ruines du vieux château féodal pour le compte de l’État afin d’y établir un musée de la Préhistoire. Il s’agissait avant tout de conserver ; localement les collections archéologiques qui jusque-là se dispersaient vers les grands musées européens. Les premiers travaux de réhabilitation débutèrent en août 1914. Retardée par les événements que l’on sait, l’ouverture officielle n’eut lieu qu’en 1923.

       Durant l’entre-deux guerres, Denis Peyrony, par l’étude méthodique des stratigraphies des gisements des Eyzies et de ses environs, affina la chronologie et le découpage culturel du Paléolithique supérieur. Il demeure en cela un des grands noms de la préhistoire et pas seulement en Périgord.”

Alain Beyneix, « Préhistoire & archéologie. Regards en noir et blanc », éditions Sutton, 210 pages.





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