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Déconfinement : pourquoi la Corse est-elle la dernière région à interdire ses plages ? 

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Toujours pas d’accès aux plages dans les deux départements de Corse. Depuis le début du déconfinement, l’île est la dernière région à ne pas avoir rouvert son littoral au public. 

Pour se faire, les maires insulaires doivent déposer une demande auprès des services de l’Etat. Charge ensuite aux préfets d’autoriser, ou non, l’accès au plage.

La Corse en compte beaucoup et une soixantaine de maires, une trentaine par département, ont déposé un dossier. Ainsi les autorités doivent dorénavant s’organiser tout en continuant leur travail de concertation avec les maires. “La semaine dernière, une réunion s’est tenue avec des représentants de l’association des maires de Haute-Corse et de Balagne, des typologies de plages ont été établies [dynamiques ou statiques]. Des questionnaires ont été distribués aux maires des communes littorales pour connaître leurs demandes qui ne sont pas toutes les mêmes et l’analyse de ces demandes se fera au cas par cas“, indique les services de l’Etat en Haute-Corse. Le préfet du département a assuré qu’il publierait des décrets d’autorisation ou d’interdiction d’accès aux plages dès la fin de la semaine en cours.

 

Capture d'écran carte des plages ouvertes à partir du 16 mai. / © FranceInfo
Capture d’écran carte des plages ouvertes à partir du 16 mai. / © FranceInfo

 

« Nous visons une réouverture des plages pour le jeudi de l’Ascension »

Samedi 16 mai, le préfet de Corse, Franck Robine, a annoncé, qu’en Corse-du-Sud, « les plages, mais aussi les activités nautiques les ports pourront faire l’objet de décision la semaine prochaine. Avec les maires et les professionnels, nous visons l’ouverture pour le jeudi de l’Ascension », soit le 21 mai prochain. 

Afin de fixer les modalités de cette réouverture, une dernière réunion avec les maires est prévue ce mardi « de façon à ce que cette réouverture soit dans de bonnes conditions sanitaires et qu’elle soit cohérente et lisible pour les Corses », a déclaré Franck Robine.
 

Les maires de Haute-Corse semblent tous partants

Lundi dernier, lors de la réunion en Haute-Corse,  maires et préfet ont donc réfléchi aux mesures de sécurisations des plages, selon leurs particularités. “Tout le monde était d’accord pour que les gens puissent retourner à la mer”, indique un des participants. 

S’ils sont confrontés à différents types de plages (urbaines, étendues ou petites criques), les maires de Haute-Corse s’accordent sur plusieurs points selon la Préfecture comme le fait par exemple de n’ouvrir les plages qu’entre le lever et le coucher du soleil pour éviter les apéritifs nocturnes, rassemblements potentiels sans distanciation sociale.
 

Les maires de Haute-Corse se sont également accordés pour interdire les regroupements de plus de 10 personnes sur les plages, de toute façon interdits dans l’ensemble du territoire national.

Reste à définir la question de plages “dynamiques”, où on ne s’attarde pas pour bronzer ou discuter, et plages “statiques”, où l’on peut, même temporairement, s’attarder.
 

Le maire d’Ajaccio réticent

Une réunion similaire s’est tenue avec les maires de Corse-du-Sud mardi dernier. Georges Mela, maire de Porto-Vecchio y a assisté : “Certains ont listé les difficultés, d’autres étaient moins frileux…C’est une situation compliquée, il faut tenir compte de l’aspect économique, certes, mais il faut savoir raison garder. Si on ouvre et qu’on organise une recrudescence du virus, c’est une lourde responsabilité !” Avec sept autres maires de l’extrême-sud, dont ceux de Bonifacio, Lecci ou Figari, il a tenu ce mercredi une réunion pour établir un cahier des charges commun. Ce sera ensuite au Préfet de le valider ou non. “On pense qu’il est possible d’ouvrir les plages début juin, mais rien n’est fait”, explique Georges Mela.

Dans le département, Jean-Charles Orsucci avait été l’un des premiers à demander la réouverture des plages de sa commune. Il évoquait notamment l’idée de fermer la plage de Sutta Rocca, seule plage urbaine de la ville, trop petites pour envisager une distanciation sociale.

Seul le maire d’Ajaccio s’est montré publiquement réticent à voir revenir promeneurs et baigneurs en bord de mer. Le 10 mai, rappelant qu’Ajaccio avait été un foyer de l’épidémie de coronavirus, il annonçait que les plages ajacciennes resteraient fermées au moins pour “les 15 prochains jours.“Nos plages sont des espaces difficiles à surveiller. Cette première phase de déconfinement nous impose une vigilance particulière. Les jours fériés, l’arrivée des beaux jours et la fin d’un long confinement accroissent le risque d’une présence massive sur nos plages. “, déclarait-il sur son compte Twitter.

Si le gouvernement avait d’abord refusé d’ouvrir les plages au public dès le début du confinement, c’est qu’il craignait de voir affluer les touristes : “Faire repartir le tourisme, c’est formidable pour l’économie… et pour le virus, disait le ministre la Santé Olivier Véran devant le Sénat. Nous vous demandons encore un délai, un effort, avant de pouvoir – comme j’y aspire moi aussi – marcher les pieds dans l’eau et se dorer au soleil.”

Mais pour les maires, la question pourra se poser après. “Il a été acté dès le départ que les dispositions étaient évolutives, témoigne un des élus ayant assisté à la réunion avec le préfet. Début juin, nous pourrons faire un nouveau bilan en fonction de la situation sanitaire, du fonctionnement des transports, etc. Car tout cela est étroitement imbriqué.”

 





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