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Coronavirus et Municipales : le 28 juin, toutes les communes de Corse connaîtront enfin leur maire

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Au vu de la situation sanitaire et des incertitudes qui l’accompagnent, il était difficile de faire consensus.
Mais l’ombre de ces Municipales interrompues commençait à devenir envahissante.

Et le gouvernement a finalement tranché.
Ce sera le 28 juin prochain, et pas en septembre, janvier ou mars, comme ça avait été envisagé. 
“La vie démocratique doit reprendre ses droits” a déclaré le Premier ministre depusi Matignon. 

Deux avantages à cette date : se débarrasser, enfin, d’un dossier qui revient presque chaque semaine dans les débats. 
Et éviter de réorganiser un premier tour, une obligation constitutionnelle en cas de report au-delà de l’été. 
 

Edouard Philippe / © CHRISTOPHE ENA / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP
Edouard Philippe / © CHRISTOPHE ENA / POOL/EPA/Newscom/MaxPPP

 

Des conditions sanitaires favorables. Pour l’heure…

La pandémie de Covid-19 semble, selon les premiers chiffres du déconfinement, marquer le pas.
Une tendance confirmée par le Conseil scientifique, qui a reconnu que “la situation sanitaire s’est nettement améliorée par rapport au début du confinement”.
De quoi encourager le scrutin à se tenir prochainement.

Mais les Sages ne se sont pas risqué, pour l’heure, à donner un avis tranché. 
La prudence, dans le domaine scientifique, est désormais de rigueur, après les affirmations péremptoires des premières semaines, régulièrement contredites par la suite. 
Le Conseil constitutionnel rendra donc son verdict mi-juin.
Et le gouvernement s’y pliera.
 

Illustration/ Même si l'épidémie n'a pas fait son retour et que l'élection se tient le 28 juin, il faudra respecter les règles de distanciation sociale / © Maia Graziani
Illustration/ Même si l’épidémie n’a pas fait son retour et que l’élection se tient le 28 juin, il faudra respecter les règles de distanciation sociale / © Maia Graziani

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Si la deuxième vague redoutée par certains ne fait pas son apparition, on votera donc le 28 juin prochain.
La décision va dans le sens des souhaits d’une grande partie de l’opposition, du côté de LR comme des socialistes. 

Mais la date du 28 juin ne ravit pas tout le monde.
Certains, comme Jean-Luc Mélenchon, estiment encore que c’est trop tôt.
Jordan Bardella, du Rassemblement National, trouve également la date “prématurée”.

Et même au sein de la majorité, quelques voix dissonantes s’élèvent.
Franck Ferrand, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, estime qu’il n’est pas “raisonnable” que les élections se déroulent alors que la situation reste tendue, et qu’il est impossible de faire campagne dans de bonnes conditions…
 

En Corse, les candidats restent prudents

Il y a quelques jours, nous avions sondé les maires sortants, et les candidats toujours en lice, dans les 22 communes insulaires concernées. 
La plupart se disaient près à se plier aux décisions du gouvernement, quelles qu’elles soient. 
“J’attends le second tour sereinement, qu’il soit en juin ou en septembre”, nous confiait ainsi Ange Fraticelli, maire sortant d’Aleria.
 
Mais pour beaucoup, le plus tard aurait été le mieux…

Jean-Martin Mondoloni, à la tête de l’une des listes qui a franchi le premier tour à Bastia, s’inquiète du timing :
“Il faut une cohérence, l’épidémie est encore là, on ne peut pas demander aux gens d’être prudents, aux plus âgés de rester chez eux, et dans le même temps leur demander d’aller voter…”

On a tous d’autres chats à fouetter – Georges Mela

Selon Georges Mela, le maire sortant de Porto-Vecchio, “on est pris dans l’action, on est face à une crise inédite, on doit redoubler de vigilance. Une crise sanitaire, économique, et bientôt sociale. Alors, le second tour… Je vais vous, dire, je me demande si les électeurs, eux aussi, ont la tête à aller voter. On a tous d’autres chats à fouetter !”
 

Quid de l’abstention ?

L’abstention est une vraie question, en Corse comme ailleurs. 
Au premier tour, le 15 mars, elle avait été massive. 
Seuls 44,64 % des inscrits avaient voté, au niveau national. 

En Corse, le taux de participation avait été supérieur, autour des 55 %.
Mais très largement en recul par rapport aux précédents scrutions.
 

Illustration/ Michel Frassati, tête de liste de Riacquistu Isulanu, au moment de glisser son bulletin dans l'urne, le 15 mars dernier. L'Ile-Rousse est l'une des 22 communes de Corse concernées par le second tour. / © Maia Graziani
Illustration/ Michel Frassati, tête de liste de Riacquistu Isulanu, au moment de glisser son bulletin dans l’urne, le 15 mars dernier. L’Ile-Rousse est l’une des 22 communes de Corse concernées par le second tour. / © Maia Graziani

En l’absence d’une vraie campagne, et avec un vote dans quelques semaines à peine, dans une période où l’actutalité est focalisée sur tout autre chose, les électrices et les électeurs auront-ils la tête à aller voter ?

On le voit, de nombreuses incertitudes planent toujours au-dessus de ce second tour.
Malgré l’annonce d’Edouard Philippe, rien ne dit que le feuilleton des Municipales 2020 est terminé…

 



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